LA VIE DE SAINT RAPHAEL

ET DE CEUX QUI SONT AVEC LUI

                            

Saint Raphael, le prêtre et le Saint, le Grand Martyr et Miraculeux. Il vécut lors des derniers ans de Byzance et même quelques ans après la prise de Constantinople. C’était des années dures mais héroïques. Il espéra la sauvegarde de l’Empire et la bataille des Paléologues. Il déploya une très grande activité, fut bien éduqué, passa par plusieurs fonctions publiques, visita plein d’endroits et reçut une grande renommée. Il peina énormément pour la Grécité. A la fin, Il fut possédé de tout cœur par le Christ. C’est Lui qu’il aima plus que tous les autres et c’est Lui qu’il servit jusqu’à la fin. Elle est grande Sa Grâce et brillante Sa Gloire. Une gloire éternelle, donnée par notre Seigneur, car il était grand Son Sacrifice!! Le Sacrifice était Son chemin, Sa vie était un Sacrifice et Sa Mort héroïque même était un Sacrifice. La Vierge Elle-même, apparaissant en rêve apocalyptique lors de l’anniversaire du Martyre du Saint et pleurant, quand on lui demanda pourquoi elle pleure, elle répondit que chaque année le même jour elle pleure pour le sacrifice fait par Saint Raphael pour Elle et Son Fils, au monastère de Karyes à Lesbos.

Révélation après un demi-millénaire

Saint Raphael a été martyrisé à Lesbos dix ans après la prise de Constantinople. Mais Sa vie glorieuse et Sa Mort martyrique sont très vite tombées dans l’oubli, à cause du terrorisme infligé par l’Empereur Turc barbare. Mais le temps a vite passé et tout a été oublié. Un demi-millénaire après, personne ne savait plus que quelques-uns avaient été martyrisés à la colline de Karyes de Lesbos. Ce n’est que de temps en temps qu’on voyait en vision un prêtre encenser cet endroit. De plus, selon une vieille tradition qui persistait, il y avait une messe mardi de Pâques, jour du martyre du Saint mais sans que personne se souvienne ou sache l’origine de cette coutume.

Mais le temps passa et vint le moment précis que la Providence Divine avait choisi pour que tout change. Le Seigneur Omniscient avait choisi notre époque, une époque d’infidélité et de rébellion pour faire sortir de l’oubli Son Ami Saint Raphael. Le temps où Il était tombé dans les oubliettes était passé. C’était l’heure où la grâce du Saint allait briller et éclairer les âmes des Chrétiens, en leur offrant de la Foi, de la Santé, de la Force, du Courage et de l’Espoir. En l’an 1959 la famille Ralli, qui possédait le domaine ou se trouvait la colline martyrique de Karyes fit bâtir une petite église consacrée àla Vierge pour remplir ses engagements envers Dieu.

Et c’est là que commencent les faits miraculeux. Une source longtemps sèche fait jaillir de l’eau, en aidant ainsi les travaux de construction de l’Eglise. Ensuite, en creusant les fondations de la petite chapelle, on trouve une tombe avec les os d’un Chrétien qui manquait de mâchoire inferieure. Après, un moine inconnu apparaît petit à petit dans les rêves de plusieurs personnes de la région, dans des visions à l’esprit ou aux yeux. De plus en plus de personnes Le voient, L’entendent, rêvent de Lui. Il leur fait comprendre que les ossements retrouvés sont les Siens. Il dit à certains son nom, « Raphael ». A certains autres il dit « Je suis Saint et je ferai beaucoup de miracles » et d’autres « Je viens d’Ithaque ». Jour après jour, le Saint complète Son histoire et révèle les secrets cachés de Sa vie et de Son martyre, tandis que dans ses apparitions miraculeuses il est accompagné par d’autres Martyrs de même que par une fillette à cheveux blonds. La Vierge, Saint Paraskevi et d’autres Saints apparaissent souvent eux-aussi dans des rêves ou des visions, en confirmant ainsi les témoignages du Saint et en stimulant la foi des Chrétiens simples qui finissent par devenir témoins des révélations divines.

Le Saint demande bientôt la démolition de la petite Eglise nouvellement bâtie. Il explique qu’en dessous se trouvent les tombes de Martyrs qui doivent être révélés. Ainsi, poussés par les signes divins et par les miracles, au début avec une certaine réticence mais par la suite avec courage et liberté d’expression, on se met à démolir et excaver l’endroit. Une réticence due à l’ironie et la calomnie que les incroyants prêtaient à ces incidents considérés comme une auto-soumission ou pire comme une escroquerie. Mais, quelle merveille !! Les excavations portèrent à la lumière des marbres cassés et des chapiteaux, des anciens objets morcelés et brulés, et les ruines d’un monastère ancien, et même le Plomb byzantin, c’est-à-dire le sceau patriarcal privilégié de Byzance en relief pour l’ouverture de l’ancien monastère. Des tombes et des os des Saints Martyrs furent découverts à l’emplacement exact indiqué aux croyants dans leurs rêves et qui incitait les ouvriers à excaver. La Foi triomphe et les incroyants éprouvent de la honte et se font taire.

Progressivement le Saint dévide le fil de Sa vie et de Son Martyre. Il apparaît dans les rêves ou en vision de bon nombre de fidèles ou même infidèles mais qui soient des personnes de bonne foi et de volonté. Ces révélations divines étaient vécues par les Chrétiens de manières différentes : quelquefois Saint Raphael leur montrait les évènements comme s’ils se produisaient à côté d’eux et que ces derniers y assistaient. Quelques autres fois, ils visionnaient le Saint raconter Sa vie, ils observaient des incidents de la vie du Saint comme s’ils regardaient à travers des binocles, en entendant la voix du Saint leur expliquer ce qu’ils voyaient. Souvent, ça leur donnait l’impression qu’ils voyaient un film… Ainsi, à travers des diverses révélations miraculeuses s’est esquissée une image claire de Sa vie tourmentée qui se complète progressivement, puisque les révélations de Saint Raphael persistent même de nos jours.

L’enfance

Dans le vieux quartier Myloi de la ville d’Ithaque, qui est le chef-lieu de la belle île homonyme de l’Heptanese dans l’archipel ionien et patrie du renommé pour son intelligence rusée Ulysse, naquit en l’an 1410 un petit garçon adorable. Ses parents étaient des chrétiens très pieux et des patriotes vraiment fervents. Sa famille était constituée par son père Dionysios Lascaridis, sa mère Maria et sa sœur Eleni. Quand le bébé fut baptisé, on lui donna le nom Georgios.

A mesure que le temps passait, en l’an 1422 sa sœur Eleni épousa le Vénitien Marco, Conseiller de Carlo Ier Tocco, ce dernier étant Comte de Céphalonie et de Zante et Duc de Leucade. En l’an 1418, le jeune Georgios fut scolarisé par le père Timothéon au Monastère de Katharon situé à la position Steno Agrou, au Nord de la ville d’Ithaque. Vu que la famille Lascaridis était assez aisée, elle sut offrir une large éducation à son fils, qui était un petit enfant adorable, vivant, intelligent, pieux et assoiffé de connaissance. Ainsi, Georgios, disposant d’une indépendance économique et supporté par son gendre (de la part de sa sœur) Marco, il fut reçu à l’Ecole de Zacharias Aggelos, qui siégeait à la région « Château de St Georges », cathedra de Carlo Ier Tocco. C’est là qu’il apprend le Grec, le Latin, l’Italien et le Français. Cependant, il ne se sent toujours pas reposé. Esprit constamment assoiffé pour apprendre, il se fait connaître avec le médecin-philosophe, Paraschos Kouzoulis qui Lui enseigne les premières notions de la Science de la Médecine.

En l’an 1425, à l’âge de 15 ans, le jeune Georgios suivit l’enseignement du Père Fotios, qui était moine au Saint Monastère de la Vierge à Omala, près du village Leivatho, où il fut initié aux études théologiques avec une mention excellente. A ce moment-là, Georgios qui, malgré le fait qu’il avait grandi dans un milieu vénitien, considérait et appelait Lui-même Grec, commença pour la première fois à découvrir et assimiler la tradition grecque. Tout à fait séduit, il s’est mis en contact avec le « Genos Grec » et sa racine, d’une part la racine Grecque et d’autre part la racine Orthodoxe. Entrainé en même temps par son caractère actif inné et par la flamme de l’amour pour la patrie, il convainc son gendre Marco à se prononcer pour son entraînement avec les armes, lors de son recrutement dans les sections de la Garde Vénitienne de Carlo Ier Tocco.

Le temps passe et Georgios, toujours avide d’apprendre, quitte en 1427 les îles Ioniennes et se rend à la ville de Mistra pour suivre des études supérieures à l’Ecole de philosophie de Georgios Plethon Gemistos. Et c’est là qu’il fait connaissance et noue une relation d’amitié avec le futur Despote de Mistra et plus tard Empereur, Constantin Paléologue.

Αu service de la patrie

En l’an 1431, à l’âge de 21 ans, Georgios ne peut plus résister à ses sentiments fortement patriotiques et, avec la bénédiction de ses Parents et de ses Instructeurs, il se conscrit volontairement Officier dans les Forces de l’Armée Byzantine Grecque. Grâce à son large éducation pluridimensionnelle et à son intelligence tout à fait exceptionnelle, on lui accorde le grade du Centurion et il est placé Adjudant de camp/ Adjudant-Chef à l’Etat-majeur du Prince Thomas Paléologue qui siégeait à Kalamata. Il conclut en même temps ses études en Médecine, enseigné par le Médecin Melissinos.

Georgios est déjà renommé pour son éducation, ses capacités, sa vaillance et son caractère chez les détenteurs de hautes fonctions à l’Administration Publique de l’Empire et à l’Eglise. En conséquence, en l’an 1437 Georgios Lascaridis, déjà Chiliarchos – Médecin, est choisi pour s’ajouter au cortège de l’Empereur Jean VIII Paléologue en tant qu’Officier de l’Etat majeur du Prince Démétrios, qui allait accompagner l’Empereur au concile de Ferrare-Florence.

Dans le souci de soutenir la vérité historique, nous devons mentionner ici que, malheureusement, l’imprudent Empereur Jean VIII Paléologue procéda à la requête de la réunion du Concile de Ferrare en vue de supplier le Pape hérétique et schismatique de Rome, Eugène IV, d’inciter les prélats qui l’entouraient de l’aider militairement, en lui offrant en échange l’ «Union» des Eglises, parce qu’il était bien effrayé par les menaces du Sultan Mourad II et du chef de l’Armée Thessalienne turque Turahan Beg.

Dès le tout premier moment, le Comité Conciliaire de l’Eglise Orthodoxe Occidentale, avec en tête le Patriarche Joseph II de Constantinople, souffrit par la Papauté durant la période biennale du Concile de Ferrare-Florence. La méthode la plus préférée des Occidentaux n’était autre que les insultes et l’exercice direct ou indirect de violence physique, morale et psychologique contre les Orthodoxes. Un petit exemple en est l’ensemble des incidents suivants.

Pendant que le Comité Orthodoxe était sur la route vers Ferrare, le Pape avertit le Patriarche qu’à leur arrivée il devait lui embrasser les pieds, ce qui, évidemment, fut réfuté par le Patriarche. Ensuite, dès la première nuitée, on accorda au Patriarche comme logement une porcherie. De plus, malgré l’engagement des Occidentaux à s’occuper de l’alimentation quotidienne des soldats, ils manquèrent à leur promesse. Ils condamnèrent ainsi les Conciliaires Orthodoxes à mourir de faim, en les laissant sans aliments et argent pour plusieurs mois et en obligeant les Hiérarques Orthodoxes à vendre leurs habits pour se nourrir ou même à mendier pour avoir de quoi manger.

Il est vrai, donc, que durant le faux Concile de Ferrare et de Florence, l’Orthodoxie et l’Hellénisme furent humiliés. La haine des Occidentaux hérétiques contre l’Orthodoxie, le mishellénisme, les trahisons, les intrigues pour les intérêts de caste, les ambitions égocentriques, le servilisme, et l’imprudence dépassèrent toute limite. Le seul qui, restant pur et innocent, brilla comme pilier solide de l’Orthodoxie, fut Marc Eugénikos, de même que Georges Scholarios et Georges Plethon Gémistos qui s’avérèrent très dignes eux-aussi, en partant avec le frère de l’Empereur Démétrios à Venise pour ne pas signer (Notre Saint aurait sans aucun doute été avec eux en tant qu’officier de camp du Prince Démétrios). Ce sont eux qui constituèrent des étoiles prometteuses scintillantes de l’Orthodoxie dans le firmament obscur des années tristes pour le Byzance.

En novembre 1444, des troupes chrétiennes, unies sous le commandement du Hongrois Huniade et du Roi des Polonais Ladislas, s’impliquèrent dans un conflit fatal et catastrophique avec les forces turques de Sultan Mourad II à Varna de Bulgarie. Peu avant la bataille, des facteurs envoyés par les troupes chrétiennes se précipitèrent vers le Despote de Mistra Paléologue pour demander de l’aide. Εn effet, des forces de l’armée byzantine, dont faisait partie entre autres le Chiliarchos Georgios Lascaridis, partirent immédiatement correspondant ainsi à l’appel des Troupes Chrétiennes. Toutefois, deux jours avant leur arrivée à Varna, ils apprirent par des facteurs effrayés que la bataille eut lieu et que les Troupes Chrétiennes se dissipèrent après leur terrible défaite par le Sultan Mourad. Après cela, les Byzantins, en considérant que toute autre initiative serait vaine, prirent le chemin de retour.

L’appel de Dieu

Sur leur chemin vers le Mistra, ils passèrent près de Serrès, où ils arrivèrent au Monastère Sacré de Saint-Jean-Baptiste. C’est là où logea pour se reposer la Section du Chiliarchos Georgios Lascaridis. Georgios s’y rencontra avec deux Ascètes qui allaient marquer Sa vie indélébilement.

L’un d’entre eux, avec le nom Angélique, soit Ascétique, Gennadios fut l’ex-partisan de l’Union des Eglises d’Orient et d’Occident défenseur du Pape lors du Concile de Ferrare, philosophe polysavant, alias Georgios Scholarios, qui, après avoir reçu le don de l’Esprit, se rétablit et suivit bien repenti l’Ascétisme, en déclarant que « mieux vaut le turban turc que la mitre romaine ». Et cela parce que les Turcs ne mettent en danger que l’Etat alors que les Latins menacent aussi bien l’Etat que la Foi. L’Ascète Gennadios devint plus tard le Patriarche Gennadios.

L’autre, c’était le Géron Ioannis, une figure sacrée / sanctifiée, à l’instigation de qui le Chiliarchos-Médecin Lascaridis se rendit compte que ce n’est qu’auprès de Dieu que son âme allait trouver la paix qu’il désirait. Après le départ de sa Section vers le Mistra et l’envoi au Chef de l’Armée Frantzis de sa démission et de son épée, Georgios Lascaridis, obéissant à un élan divin non verbal, resta auprès du Géron Ioannis au Monastère de Saint-Jean-Baptiste.

En l’an 1445, à l’âge de 35 ans, Georgios, au bout de six mois d’exercice de silence et de prière, devint Moine par l’Higoumène du Monastère du Saint-Jean-Baptiste et obtint le nom Ascétique Raphaël par l’Archange qui l’avait éclairé à l’état de veille avec des messages non verbaux de Dieu. Le père Raphaël vécut près de son Géron sanctifié jusqu’à son reposement et au Monastère du Saint-Jean-Baptiste pour encore deux ans, où il fut ordonné Prêtre et honoré du titre d'Archimandrite. Par la suite, il partit à Athènes où il est connu qu’il prêcha répétitivement sur la colline de Filopappos et au Temple Sacré de Saint Dimitrios Loumbardiaris près de l’Acropole, où il fut prêtre de paroisse et prédicateur, en vue de renforcer le culte orthodoxe et le moral des Athéniens, qui se trouvaient sous l’occupation vénitienne. Dans ce Temple on peut encore trouver Son icône, tandis qu’on fait toujours des Messes pour honorer Sa Grâce.

En 1449, dès l’accession au pouvoir de la Reine des Villes de Constantin Paléologue, qui était surnommé le « Dragon » pour sa bravoure, le père Raphaël se précipita à Constantinople pour rencontrer son vieil ami et pour le féliciter. Ce dernier, appréciant sa personnalité, ses nombreuses capacités et sa brillante éducation, l’a gardé près de lui à la Reine des Villes et lui attribua le titre de Protosyncelle. Le père Raphaël fut vite très connu et fut envoyé à plusieurs reprises par le Patriarcat Œcuménique en tant que son représentant à de nombreux Congrès Théologiques et Médicaux dans des villes de l’étranger. De plus, il fut nommé par le Patriarcat Œcuménique «Prédicateur Œcuménique», titre qui le facilitait à se rendre dans beaucoup de villes pour y prêcher la Foi Chrétienne Orthodoxe.

La connaissance avec Nicolas

En l’an 1451, lors d’un des Congrès dans la ville française Morlaix, près de Brest dans la région de la Bretagne, il fit connaissance avec un jeune étudiant de Droit, âgé de 27 ans, qui s’appelait Nicolas. Nicolas était né en 1424 et avait été élevé à Thessalonique. Sa famille était composée par son père Georgios Constandakis, qui était Notaire, sa mère Anne et sa sœur Zoé. Comme il est cité, la famille Constandakis était originaire de Rhagès en Médie, en Asie Mineure. En 1445, Georgios Constandakis envoya son fils Nicolas à la ville française Morlaix pour qu’il fasse ses études de Droit à cette Université-là. Mais, emporté par les jouissances matérielles, Nicolas, au lieu d’étudier, menait un mode de vie intensément laïc. Toutefois, sa fréquentation avec le Protosyncelle Père Raphaël et l’exemple qu’il tirait par sa vie exemplaire et ses conseils sages opérèrent un grand changement dans sa façon de vivre et le conduisirent en effet vers la voie cléricale. Après sa préparation en tant que Moine, sa vie exemplaire et son zèle ardent pour tout ce qui porte sur la Foi, Nicolas fut ordonné diacre par le père Raphaël, qui le garda près de Lui comme collaborateur, en l’envoyant en même temps en mission à des lieux différents, afin de prêcher l’Orthodoxie.

La prise de Constantinople

En décembre 1452, pendant que le Protocyncelle Père Raphaël et son Diacre Nicolas se trouvaient à Constantinople, l’empereur Constantin organisa une liturgie commune à la Basilique de Sainte-Sophie avec le représentant de Pape cardinal Isidore, dans le cadre de la politique unificatrice qu’il menait, avec l’illusion que la Ville serait sauvée par le joug turc suffocant avec l’aide du Pape. Cette liturgie commune eut lieu le 12 décembre 1452, le jour même de la fête de Saint Spyridon. Toutefois, le Protocyncelle Raphaël ne voulut pas y assister et ne permit à son diacre non plus d’y aller. Il connaissait très bien que cela serait une véritable trahison de la Foi. «Non, et encore non. Ça suffit ! Oui à la relation, oui à l’aide, mais liturgie en commun avec les Latins jamais! » dit le Saint. L’Empereur se fâcha tellement qu’il décida de les exiler à Ainos. C’ est pourquoi Saint Raphaël s’appelle également Confesseur, puisqu’il laissa tomber les honneurs et les gloires de son office et méprisa le coût de sa résistance à l’Empereur, en vue de défendre la vérité de l’Orthodoxie contre l’hérésie du Papisme. (Il est à noter que les derniers jours avant sa mort héroïque, l’Empereur, devant l’absence de l’aide du Pape, regretta profondément, se confessa et communia en tant qu’orthodoxe.)

Quand commença alors le siège de Constantinople par les Turcs, les deux pères se trouvaient hors des murailles et purent ainsi passer en Macédoine. C’est là qu’ils se trouvaient lors de la chute de Constantinople le jour maudit de mardi 29 mai 1453 par les envahisseurs venus de Mongolie Asiatique Turcs Seldjoukides, dont les officiers en chef n’étaient autres que des renégats Européens d’Autriche, de Hongrie, d’Allemagne, de France et d’autres pays européens dits «civilisés» et «chrétiens», qui procurèrent à la fois aux hordes des Turcs barbares et vulgaires presque en état sauvage des armes de la technologie la plus avancée de l’époque. On doit noter à ce point que la rémunération de ces officiers renégats là, qui était légendaire, était versée par les Turcs en or provenant par les pillages et le dépouillement total des peuples battus par eux. Et tout cela est bien témoigné, voire raconté, par les canons sur lesquels tout le monde peut lire les inscriptions gravées dès leur construction de leur identité, c’est à dire la date de construction, l’appellation de l’usine qui les a produits et le pays d’origine.

L’occupation des territoires Byzantins Grecs Chrétiens par les hordes des Turcs barbares et non civilisés fut suivie par des massacres impitoyables des habitants Chrétiens non-combattants, des incendies d’édifices, détournement de fortunes, viols des femmes, eτ même des atrocités de toute nature commises par les conquéreurs brutaux et assoiffés de sang. Et on dirait que tous ces événements terribles, s’ils n’étaient pas soutenus, ils étaient quand même vus avec une certaine indifférence et apathie de la part de nos frères Chrétiens de l’Occident et avec un désintérêt criminel caractéristique du Pape, qui jouissait luxueusement de sa vie hérétique et libertine. Soulignons à ce point avec une profonde tristesse que les Européens et le Pape tiennent toujours désespérément la même position en plein 20ième siècle, comme le démontrent les crimes des Turcs de notre époque, tels le génocide qu’ils ont perpétré contre les Arméniens en l’an 1915, contre les Grecs en 1922, contre les peu de nos compatriotes Grecs qui étaient restés à Constantinople en 1955, contre les habitants de l’île Grecque de Chypre en 1974, contre le peuple de Kurdistan entre 1990-1998, de même que les crimes odieux des Etats Européens «civilisés» et des Etats Unis contre la Serbie coréligionnaire en 2000, qui auraient dû être caractérisés comme des crimes contre l’humanité.

Dans l’ouragan de la guerre alors, dans la confusion et les bains de sang, avec les hécatombes des victimes, les deux pères persécutés, Raphael et Nicolas, arrivèrent avec la Grace Divine à Alexandroupoli de Thrace en tant que refugiés. Il est à souligner que le peuple pris de panique, en vue de se sauver par les massacres, l’asservissement, les feux et les tortures des Turcs, essayait de fuir les territoires conquis, à la recherche de lieux encore libres. Par conséquent, les deux pères s’embarquèrent avec d’autres réfugiés dans un bateau à destination de l’île de Lesbos, en espérant y trouver un endroit sécurisant.

Les ans tranquilles et créatifs à Lesbos

Le 14 mars 1454, à la suite de fortes intempéries, le bateau ne pouvait faire escale au port de Mytilène mais à la suite d’aventures et de dangers il put accoster, grâce à la Providence Divine, à la plage accueillante de du village Thermi de Lesbos. Là ils eurent été cordialement reçus par les habitants pauvres mais chaleureux et pieux. Le chef du village Vassilios et le Savant d’Epire Theodore conduisirent les pères au Monastère Sacré dédié à la Nativité de la Théotokos à Karyès, situé à une distance de 14 km environ loin de la ville de Mytilène, où était moine le Géron père Rouvem et logeait le Surveillant Akindynos.

Le Monastère Sacré en question fut bâti en l’an 801 par l’Impératrice IRĖNE L’ATHENIENNE, qui fut exilée de Constantinople par son fils, dès que ce dernier se succéda d’elle au trône. C’est ainsi qu’elle se trouva à Agiassos de Lesbos. Un an après (802) elle bâtit le Temple de Panagia Troulloti à l’emplacement Pyrgoi de Lesbos, près de Thermi. A la fin de sa vie, Irène l’Athénienne devint moniale au Monastère de femmes de la Nativité de la Mère de Dieu, où elle dormit saintement.

Le 11 mai 1235 des pirates Musulmans firent incursion chez le Monastère, l’occupèrent, pillèrent tout le sacro-saint là-dedans et le dépouillèrent de ses biens et de tout objet de valeur. Ces barbares violèrent, torturèrent et massacrèrent les Moniales et finirent par incendier les bâtiments du Monastère Sacré. D’après la narration des évènements, telle qu’elle fut sauvée au fil des siècles, comme celle-ci est mentionnée ci-dessous, la cruauté inhumaine, la sauvagerie et la barbarie des envahisseurs Musulmans étaient sans précédent. Les pirates massacrèrent certaines Moniales et conduisirent à la folie certaines autres, en raison des tortures auxquelles ils les avaient infligées. Ils pendirent la vieille et invalide Moniale Efrosyni à un arbre et par la suite ils la livrèrent vive au feu. De plus, ils enlevèrent les vêtements de l’Higoumène d’alors Olympia et lui brulèrent la chair avec des cierges allumées. Par la suite, ils lui firent passer à travers les oreilles et la mâchoire deux grands clous calcinés et finirent par lui clouer le corps avec vingt grands clous contre une planche et la laissèrent agoniser au milieu des flammes du Monastère brûlant.

Ruinée et déserte pendant 200 ans, le Monastère fut restauré en 1433 par une femme riche pieuse qui s’appelait Melpomène. Elle était l’épouse du marin marchand Constantin Yalina, avec qui elle eut une fille en 1423, Vasiliki, et un fils en 1425, Akindynos. Ce dernier souffrit de par naissance d’une paralysie de sa jambe droite. Les prières et les suppliques de Melpomène et de son père Rouvem, qui menait déjà une vie monacale dans leur domaine, eurent été entendues et en 1433 la Toute-Sainte Théotokos soigna la paralysie du petit Akindynos, après avoir lavé la jambe avec de l’eau bénite du Monastère Sacré abandonné. Après ce miracle, Melpomène se mit au service du Seigneur jusqu’à sa mort en septembre 1455. En même temps, elle remplit sa promesse de restaurer le Monastère de la Nativité de la Théotokos (qui honorait déjà Sainte Paraskevi également), où son fils au fil des ans devint Surveillant, en y logeant avec le père Rouvem.

Ainsi, tout était prêt quand, avec la Providence de Dieu, arrivèrent à Lesbos les pères Raphaël et Nicolas. C’est là qu’ils s’installèrent et le père Raphaël y devint Higoumène. L’Higoumène Raphaël constitua le centre spirituel de toute l’île. Tout le monde parlait du Saint Géron de Karyès. Ses paroles magnétisaient et tranquillisaient les âmes. Avec ses conseils nombreux étaient ceux qui trouvèrent le bon chemin et se sauvèrent. L’un parmi eux devint Moine avec le nom Stavros et s’ajouta à la Fraternité du Monastère de Karyès, alors que le Géron Rouvem dormit en paix et fut honorablement enterré par les pères. Le Saint Higoumène Raphaël fit un très grand œuvre philanthropique et conduisit le Monastère en un nouvel essor. En 1455, il fonda à côté du Monastère une unité de médecine préventive et thérapeutique, connue comme PREVENTORIUM, où il fut Médecin. Parallèlement, il créa un hospice de vieillards et un orphelinat où il nourrissait quatre-vingt orphelins. Le Saint lui-même, en vision apocalyptique avoua qu’il donnait à manger premièrement à ses orphelins et s’il en restait, ils mangeaient eux-mêmes.

Pendant la période tranquille et créative de leur vie, nos Pères Saints se connurent bien et nouèrent un lien d’amitié très fort avec le notable Vassilios et sa famille, de même qu’avec le Savant Théodore. Sainte-Irène, qui était fille du notable Vassilios, fut baptisée par Saint Raphaël, en priant le Seigneur de lui accorder beaucoup de dons psychiques. En effet, la petite Irène était un être gentil et pieux et elle aimait tellement les pères et le monastère qu’elle voulait être tout le temps avec eux. Le Projet sagissime de l’Economie Divine les destinait à être toujours ensemble et à être commémorés ensemble dans l’éternité. Le temps approchait…

Οccupation de Lesbos et du Monastère Sacré de Karyès

Vers la fin octobre – début novembre de l’an 1461, les Turcs firent incursion et envahirent l’île de Lesbos. En avril 1462, les habitants Chrétiens Grecs de la région de Thermi, ne pouvant plus tolérer la très lourde taxation imposée par les conquérants barbares, se révoltèrent. Par la suite, le Sultan Grec Mehmet II s’enragea et envoya des hordes armés avec l’ordre verbal de mater le soulèvement des Grecs par le fer et par le feu, chose que les barbares bestiaux finirent par réaliser, après une bataille de 17 jours, en éliminant les habitants en guise d’exemple.

Jeudi Saint 4 avril 1462, le Surveillant du Monastère Akindynos, s’étant rendu entre temps à la Foire du village d’à côté pour s’acheter des provisions, se mit au courant de l’incursion à venir des Turcs contre le Monastère et se pressa tout de suite d’en informer l’Higoumène père Raphaël. Dès ce moment-là, l’Higoumène procéda à la mise en garde de toutes les Reliques et Οbjets liturgiques du Monastère Sacré, dans une crypte secrète, pour qu’ils ne passent pas entre les mains des barbares incroyants.

Vendredi Saint 5 avril 1462, les Turcs, après l’indication de leur ami germano-juif mishellène Médecin Swaïtzer, avec le monstrueux Arif Aga en tête, apprirent que certains des Grecs révoltés de la région, qui résistaient encore, s’étaient refugiés au Monastère. Dès la fin de la Procession/ Office de l’Epitaphios, ils firent incursion contre le Monastère. Pendant le déroulement de l’attaque turque, l’Higoumène Raphael héroïque indiqua aux Grecs révoltés qui se trouvaient là une issue secrète à travers laquelle il les envoya par ordre verbal au Mont Pandera situé à proximité, pour qu’ils puissent se sauver. Les Turcs, attaquant le Monastère avec furie, l’occupèrent sans résistance, arrêtèrent les pères, de même que les laïques, qu’ils y trouvèrent. Parmi les arrêtés comptaient l’Higoumène du Monastère Père Raphael, le Diacre Nicolas, le Notable du village Vassilios, sa femme Marie, sa fille Irène âgée de 12 ans, le bébé Raphael âgé de 11 mois, sa nièce orpheline Hélène âgée de 16 ans, le Savant du village Theodoros qui était originaire d’Epire. L’Higoumène, avec la conviction que le bon Pasteur n’abandonne jamais ses ouailles, au contraire se sacrifie pour eux, resta au Monastère pour affronter les criminels odieux. De même les autres précités, motivés par leur ferme insistance et leur volonté libre, restèrent aux côtés de l’Higoumène, bien déterminés de le soutenir et participer à son sacrifice et à son martyre en tant que frères et accompagnateurs croyants en Christ.

Le Moine père Stavros de même que le fils de Melpomène et Surveillant du Monastère Akindynos fuirent l’arrestation à l’instigation de l’Higoumène Raphael. Plus tard ils allaient accomplir le devoir de la sépulture des Reliques saints des Martyrs, selon la prédiction du Saint lui-même.

Les Martyres des Saints

Dès le moment de l’arrestation de l’Higoumène Raphael, la nuit du Grand Vendredi Saint, commença l’interrogatoire de la manière la plus sauvage. Puisque les Turcs ne parvinrent pas à obtenir à travers l’interrogatoire les informations qu’ils voulaient, ils se refugièrent aux tortures.

D’abord, ils arrachèrent le bébé Raphael, qui n’était âgé que de 11 mois, des bras de sa mère, le jetèrent par terre et le tuèrent en le battant et le piétinant. Ensuite, ils attachèrent sa mère même, Marie, contre un arbre, parce qu’elle se précipitait contre eux pour prendre son enfant, criait et pleurait.

Après, ils se mirent à torturer impitoyablement la Martyr Vierge IRENE, fille du Notable Vassilios âgée de douze ans, devant ses parents, pour affaiblir leur moral et exercer un chantage sur eux, afin que ces derniers renient leur Foi et révèlent le lieu où se cachaient les Grecs révoltés. Ils se mirent alors à faire couler de l’eau bouillie dans la bouche de la petite Rinoula et après coupèrent successivement l’un de ses bras et l’une de ses jambes, en jetant les parties de son corps ensanglantées devant ses parents pour faire fléchir leur résistance. Sa mère, ne pouvant pas supporter cette vue et le cœur brisé, tomba en syncope. Mais son père, malgré sa très grande douleur psychique, résista et resta inébranlable. Voyant ainsi que cette tentative de chantage n’aboutit pas, les barbares la jetèrent dans une grande jarre et la brûlèrent vive, en complétant son martyre. (Cette jarre fut trouvée lors des excavations de nos jours, contenant des cendres, peu d’os brûlés et quelques pierres. Ces os restèrent intacts, puisqu’ils n’eurent pas été aperçus lors de l’enterrement des autres restes brûlées qui étaient dans la jarre, alors que les pierres tombèrent dans la jarre par les murs de l’Eglise, après son explosion provoquée par les Turcs).

Les sous-hommes Turcs maltraitaient successivement et répétitivement la jeune nièce du Notable, Hélène, qui avait quinze ans et était orpheline depuis l’âge de trois ans. Ils la battaient cruellement jusqu’à ce qu’elle remette Son esprit au Seigneur par la peur, les douleurs et l’hémorragie.

Le Notable Vassilios, après avoir été martyrisé d’abord psychiquement en voyant le martyre de ses enfants, subit également des tortures physiques terribles. Ils lui coupèrent le nez, les oreilles et ses organes génitaux et lui arrachèrent les yeux. A la fin, ils lui coupèrent la tête et le narguèrent. C’est pourquoi le Notable Vassilios est et doit être commémoré en tant que Grand Martyr.

Ensuite, ils se mirent également à torturer avec atrocité l’instituteur du village, Théodore. Ils coupèrent à lui aussi les organes génitaux, de même que les mains et à la fin ils le décapitèrent, en posant la tête tout de suite après entre ses jambes.

Le dernier qui martyrisa était Saint Raphael, parce que ses tortionnaires monstrueux et assoiffés de sang ne se hâtaient pas de l’abattre, puisqu’ils croyaient qu’ils allaient obtenir l’aveu qu’ils désiraient. Il subit alors des tortures incroyables. Ils l’injuriaient, le battaient férocement et le menaçaient. Soudain, il se dressa debout en tirant sa croix de sa soutane et le leva courageusement en disant: «Νous nous prosternons devant la Croix et nous n’abjurerons jamais!». Du coup, ils se jetèrent furieusement contre lui, lui enlevèrent les habits, lui attachèrent les coudes derrière le dos et le battaient tout le temps impitoyablement avec les fûts de leurs armes, en le paralysant. Ils lui perçaient le corps partout avec des coups de lance et le traînèrent sur des pierres pointues, en le tirant par la barbe, de sorte que tout l’endroit était peint rouge, souillé de son sang. Ensuite, puisque leur victime innocente résistait encore et subissait les tortures sans céder à la douleur, ils le pendirent par les jambes, la tête tournée contre le sol, par les branches d’un grand noyer situé dans le préau du Monastère. C’était le noyer sous lequel les pères célébraient tous les ans la Résurrection du Seigneur. Par la suite, dès que les criminels impitoyables et monstrueux (d’une âme diabolique, selon les dires du Saint lui-même), constatèrent que, malgré tous les supplices auxquels ils l’avaient infligé, l’Higoumène Raphael ne reniait pas sa Foi et ne trahissait pas les révoltés Chrétiens Grecs, ils le firent s’agenouiller par terre et, les yeux étincelant de colère comme des charbons rouges calcinés et les lèvres mordues de haine et de rage, le décapitèrent odieusement: En lui sciant la tête!!! Pas sur le cou mais à partir de la bouche!!! La mâchoire inferieure ensanglantée, qui fut découpée, ils la jetèrent par terre, au milieu d’un lac de sang et à proximité du reste du corps. Les Chrétiens ne trouvèrent pas cette mâchoire, quand ils inhumèrent le Saint, c’est pourquoi elle fut trouvée en dehors du sépulcre lors des excavations de nos jours. C’est ainsi que le Saint qui l’était avant même qu’il ne martyrise, devint également Grand Martyr du Christ glorieux et livra son âme bénie au Seigneur!

Saint Nicolas ils lui attachèrent aussi les coudes derrière le dos, le pendirent par un autre plus petit noyer, qui était situé aussi dans le préau du Monastère et le torturèrent jour et nuit, en le battant et en lui enfonçant la lance. Toutefois, en raison de la fragilité physique de son organisme, Saint NicoIas ne put endurer pour longtemps les tortures, c’est-à-dire le tabassage impitoyable, voyant également son Higoumène bien aimé être trainé ensanglanté subit un arrêt cardiaque et livra Lui-même Son esprit au Seigneur. Selon le témoignage révélateur même de Saint Raphael, les âmes des deux Saints montèrent ensemble au Ciel. Ensemble aussi bien dans la vie qu’à la mort !!!

Un Médecin étranger, Alexandre, qui aimait beaucoup le père Raphael et accourut voir ce qui se passait, lorsqu’il apprit que les Turcs envahirent le Monastère, face au spectacle odieux du massacre du Saint Higoumène par sciage de sa tête, il s’affola de l’horreur inouïe et tira le couteau pour se suicider. Il eut pourtant un arrêt cardiaque avant qu’il ne l’enfonce dans son cœur.

Après la fin du carnage odieux, les Turcs sanguinaires, ayant ravagé et pillé les reliques Sacrées et tout objet précieux qu’ils y trouvèrent, livrèrent le Monastère au feu en le faisant exploser. Le massacre des Martyrs se déroula la nuit du lundi de la Semaine Radieuse, quinze minutes avant minuit (ecclésiastiquement considérée comme étant mardi de Pâques déjà à partir de lundi), et la catastrophe du Monastère Sacré peu après, à l’aube du mardi après Pâques 9 avril 1463.

Après avoir commis les vandalismes précités et exécuté les crimes décrits, les Turcs brutaux comme d’habitude satisfirent temporairement leurs instincts monstrueux et s’en allèrent pour poursuivre leurs atrocités ailleurs. Ils laissèrent derrière eux des ruines enfumées et des pierres imprégnées par le sang des Martyrs, alors que par terre gisaient çà et là les Saintes reliques mutilées des Moines et des laïques massacrés.

Parmi les autres bêtes humanoïdes, les tortionnaires les plus sauvages étaient cinq personnes misérables, dont deux Turcs musulmans, un Lazos, un Tserkezos et un Turc-Albanais. C’était bientôt que la Colère Divine tomba bien sûr sur eux pour le sacrilège criminel qu’ils commirent avec tant de méchanceté : des révoltés Grecs les arrêtèrent, les tuèrent et les enterrèrent tous dans la même tombe.

La suite dramatique des Martyrs se termine

La nuit suivante, après le départ de la horde turque, le Moine Stavros et l’intendant du Monastère Akindynos, qui jusqu’alors se cachaient dans la grotte du défunt Géron Joseph, avec lequel le père Stavros partageait jadis sa vie monacale, sortirent de leur refuge secret et se rendirent en cachette au village le plus proche de Thermès. Ils y prièrent le prêtre aveugle du village, le père Sava qui était âgé de 112 ans, de les suivre jusqu’au Monastère Sacré ruiné, afin de faire la Procession des Funérailles avant la sépulture des Martyrs.

Et voilà la première présence de la Grâce Divine et de la Bénédiction: dès son arrivée au lieu du martyre, le très vieux Prêtre aveugle pria et supplia le Seigneur de le bénir, en lui permettant de voir avec ses propres yeux le lieu et les reliques des Martyrs. Et, par miracle, un éclair éblouissant eut lieu, le Prêtre gagna sa vue et vit le spectacle affreux. Par la suite, après avoir prié, il fit la Procession funéraire et procéda à la sépulture des victimes comme suivant: les reliques de l’Higoumène du Monastère Sacré, purifiées par le sacrifice pour la Foi et la Patrie, furent déposés à l’intérieur du Temple Sacré. Celles du Diacre Nicolas dans le préau gauche du Temple Sacré et celles de la Martyr Vierge Irène et des autres Martyrs à des endroits dispersés autour du Temple Sacré, où elles furent trouvées après des siècles, à notre époque, quand le temps approcha. Apres l’enterrement des reliques des Martyrs, l’intendant du Monastère Akindynos avec le Moine père Stavros, accompagnèrent le Prêtre surâgé, lors de son retour au village, où il décéda quelques jours après. Plus tard, le père Stavros fut arrêté par des hommes armés de la patrouille turque qui savaient qu’il y avait encore un moine dans le Monastère et étaient partis à sa recherche. Ils le torturèrent de la manière la plus féroce et le décapitèrent, sans pour autant parvenir à obtenir l’aveu qu’ils recherchaient. Sa Relique sacrée resta deux jours sans sépulture, sans que quelqu’un ose s’approcher, jusqu’au moment où deux Chrétiens la prirent et l’enterrèrent dans la cour du Monastère détruit de Karyes. Plus tard, l’intendant Akindynos fut également découvert par les Turcs et fut martyrisé lui aussi, après des souffrances physiques sauvages sur le mont Pandera. Ses Reliques Sacrées furent enterrées dans le cimetière du Monastère de Karyes, alors que tous les évènements, sous la peur des conquérants barbares et sanguinaires, restaient dans l’ombre et petit à petit passèrent dans l’oubli par les habitants de Thermes. Seule le rite de la Procession tous les mardis après Pâques, sur la colline de Karyes persista dans la tradition du lieu, mais sans que quelqu’un se souvienne ou sache pourquoi. C’était à notre époque de venir, c’était l’heure bénie de la révélation par Dieu de ces Mystères surnaturels, pour que tout cela vienne à la lumière et éblouisse fidèles et infidèles !!!